Collège Pierre de Nolhac

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Les métamorphoses, un dossier des 6°2

vendredi 5 mai 2017, par C.Pineau

En préparant notre sortie au théâtre Montansier, nous avons découvert que le poète latin Ovide est l’auteur, des Métamorphoses, un des plus vastes et des plus célèbres poèmes mythologiques de l’Antiquité. Dans cette œuvre, Ovide raconte en effet quelques deux cent cinquante mythes grecs et romains, dont de très nombreuses métamorphoses aussi spectaculaires que diverses et variées !

Mais qui est Ovide ?

Pour le savoir, voici quelques repères :
* 43 av. J. : naissance à Sulmone (Italie centrale)de Publius Ovidius Naso (Ovide), issu d’une famille de la noblesse équestre.
* vers 25 av. J.C. : pour parfaire ses études, comme tous les aristocrates, Ovide voyage en Grèce, d’où il rapporte quantité de récits mythologiques
qui sont à la source des Métamorphoses
* à son retour, il devient poète et accède vite à la célébrité grâce aux
Amours. L’Empereur Auguste le prend à sa cour où il écrit les Fastes
(sur le calendrier) et les Héroïdes (lettres d’amants séparés issus de la
mythologie).
* vers 3 av. J.C. : début de l’écriture des Métamorphoses
* 8 ap. J.C. : exil à Tomes (actuelle Roumanie) sur l’ordre d’Auguste. Ovide abandonne la littérature érotique pour se consacrer aux Métamorphoses
et à des œuvres lyriques (Tristes Pontiques) par lesquelles il cherche à regagner la faveur de l’empereur.
* 14 ap. J.C. : mort d’Auguste
*17 ap. J.C. : mort d’Ovide à Tomes


Que sont Les Métamorphoses ?

Les Métamorphoses sont un long poème épique en latin d’environ 12 000 vers - des hexamètres dactyliques. Divisé en quinze livres, il rapporte en une série de 250 légendes imbriquées les unes dans les autres, l’histoire du monde des origines à son temps : tout comme l’Enéide
de Virgile composé un peu plus tôt (dans les années 20 av J.-C.), le poème vise à présenter l’histoire de Rome et la prise de pouvoir d’Auguste comme la suite logique des actions des dieux.

Le récit que nous avons étudié et qui nous a marqué est celui d’Arachné

Arachné est une jeune fille grecque qui exerce avec talent le métier de tisseuse et réalise des toiles magnifiques. Un jour, elle lance un défi à la déesse Pallas : « Qu’elle rivalise avec moi ! »
Pallas prend l’aspect d’une vieille femme ; elle applique de faux cheveux blancs sur ses tempes et marche en s’appuyant sur un bâton. Elle dit à Arachné : « La vieillesse n’apporte pas que des malheurs, elle apporte aussi l’expérience. Suis donc mon conseil : ne cherche pas à égaler une déesse et demande pardon pour tes paroles. » Arachné lance un regard farouche et réplique, avec colère, à la déesse qu’elle ne reconnaît pas : « Tu es trop vieille, tu n’as plus toute ta raison. Garde tes discours pour ta fille ou ta belle-fille ; quant à moi, je ne renonce pas au défi que j’ai lancé. Et pourquoi la déesse ne vient-elle pas elle-même ? Pourquoi refuse-t-elle la compétition ? » « Elle est ici ! » dit alors Pallas en abandonnant son aspect de vieille femme. Face à la déesse ainsi apparue, Arachné rougit un peu mais persiste dans son intention de lutter avec elle et de remporter la compétition. Pallas ne recule pas, et, sans plus attendre, elle accepte la lutte. [...]
La compétition s’engage alors. Pallas et Arachné s’installent chacune à un métier à tisser. Le tissage qu’elles réalisent est magnifique. Celui de Pallas représente le beau côté des dieux : elle montre les douze dieux de l’Olympe dans toute leur majesté. Le tissage d’Arachné montre le mauvais côté des dieux, qui passent leur temps à s’amuser, à séduire, à aimer. Il faut bien le reconnaître, le tissage d’Arachné est le plus beau. Pallas ne peut rien reprocher à l’ouvrage d’Arachné. Poussée par la
colère et la jalousie, la déesse déchire alors le tissage où les fautes des dieux étaient retracées en couleurs vives. Tenant encore sa navette à la main, elle se met à frapper Arachné au front, à trois ou quatre reprises. La malheureuse jeune fille ne peut supporter cet affront ; elle noue un lacet autour de sa gorge et se pend. Pallas prend alors pitié d’elle : « Vis, lui dit-elle, mais reste pendue. Je veux que toute ta race soit frappée par le même châtiment. » En s’éloignant, elle répand sur Arachné les sucs d’une herbe magique. Aussitôt, atteints par ce poison funeste, les cheveux de la jeune fille tombent, et avec eux son nez et ses oreilles ; sa tête et son corps se réduisent, de maigres doigts s’attachent à ses flancs à la place des jambes. Il ne reste qu’un gros ventre, d’où Arachné continue à tirer du fil. Et, devenue maintenant araignée, elle s’applique, comme autrefois, à tisser sa toile.


Peut-être comprenez-vous, maintenant, d’où vient le terme "arachnophobe" !!!!!!!!!!!!